Biographie
Anne Jagellon, également appelée Anne Jagellonica, naquit le 23 juillet 1503 à Buda et mourut le 27 janvier 1547 à Prague. Elle fut princesse royale de Hongrie et de Bohême, archiduchesse d’Autriche ainsi que reine de Hongrie, de Bohême et d’Allemagne. Ses parents étaient le roi de Hongrie et de Bohême Vladislas II, de la maison Jagellon, et sa troisième épouse, Anne de Foix-Candale. Son frère cadet était le roi Louis II.
Anne appartenait à une dynastie européenne largement ramifiée. Par son père, sa généalogie remontait aux Habsbourg, à la maison de Luxembourg et aux rois de Hongrie ; par sa mère, elle était également apparentée aux maisons royales de Navarre, d’Aragon et de Sicile. Cette ascendance lui conférait une importante position dynastique, même si ses droits éventuels à la succession hongroise demeuraient politiquement contestés. À sa naissance, la cour attendait en réalité un héritier masculin. Sa venue au monde fut néanmoins accueillie avec une grande joie. Elle fut baptisée le 15 août 1503 à Buda et reçut le prénom d’Anne.
Sa mère mourut dès le 26 juillet 1506, quelques semaines après avoir donné naissance à son fils Louis, des suites de la fièvre puerpérale. Anne n’avait alors que trois ans. Plus tard, elle reçut avec son frère une maison particulière, composée d’anciens serviteurs de leur mère. Elle bénéficia d’une instruction dans plusieurs langues et parlait hongrois, tchèque, latin et allemand. Dès le début, son éducation fut étroitement liée aux intérêts politiques des maisons princières européennes.
Alors qu’elle était encore toute petite, Anne fut considérée comme une épouse possible pour plusieurs hommes. Une demande en mariage du jeune Jean Zápolya fut refusée en 1505, car la cour hongroise espérait encore la naissance d’un héritier masculin. Le palatin Imre Perényi fut également envisagé pendant un temps comme futur époux. Finalement, une union avec la maison de Habsbourg s’imposa. En 1506, les Jagellon et les Habsbourg conclurent un accord de double mariage : Anne devait épouser Ferdinand, petit-fils de l’empereur Maximilien Ier, tandis que son frère Louis devait épouser Marie, la sœur de Ferdinand. Cette alliance devait renforcer les prétentions dynastiques des Habsbourg en Hongrie et en Bohême, tout en garantissant la succession des deux maisons.
L’accord fut confirmé en 1515 lors de la grande rencontre habsbourgo-jagellonne de Vienne. Les fiançailles solennelles eurent lieu le 22 juillet. Après cette rencontre, Anne ne retourna plus durablement en Hongrie et resta en Autriche. Entre 1517 et 1521, elle vécut à Innsbruck, où elle fut élevée avec sa future belle-sœur Marie. Après l’examen de plusieurs possibilités politiques, Anne échangea finalement ses anneaux avec Ferdinand le 11 décembre 1520 à Innsbruck. Elle l’épousa le 26 mai 1521 à Linz. Ferdinand devint plus tard le roi Ferdinand Ier de Hongrie et de Bohême ainsi que l’empereur du Saint-Empire romain germanique.
Ferdinand associa rapidement son épouse au gouvernement. Avec l’humaniste Pietro Bonomo, il la nomma parmi les principales figures de son conseil de cour. En 1523, Anne retourna dans sa patrie en tant qu’archiduchesse d’Autriche. À Sopron et à Wiener Neustadt, elle rencontra son frère Louis, son époux Ferdinand et sa belle-sœur Marie. Ces rencontres portèrent également sur ses revendications financières. Des représentants hongrois et polonais exigèrent que la dot qui lui avait été promise et les biens qui lui revenaient fussent enfin réglés.
Après la mort de Louis II à la bataille de Mohács en 1526, une grave crise successorale éclata en Hongrie. Une partie de la noblesse élut Jean Zápolya comme roi, refusant de reconnaître un souverain étranger et s’appuyant sur une décision antérieure de la Diète qui ne reconnaissait ni la succession par les femmes ni les prétentions d’Anne. L’assemblée hongroise de Presbourg élut au contraire Ferdinand seul comme roi. Elle déclara expressément que Ferdinand avait accédé au trône par une élection libre, et non en vertu des droits d’Anne ou du contrat de mariage habsourgo-jagellon.
Ferdinand et Anne furent couronnés roi et reine de Bohême à Prague en 1527. Leur couronnement en Hongrie eut lieu la même année. Le 4 novembre, à Székesfehérvár, Anne reçut la couronne de Hongrie, bien qu’elle souffrît alors de fièvre. En tant que reine, elle tenta d’obtenir de son époux des domaines et des forteresses en Hongrie. Ferdinand s’y opposa largement, car il voulait mettre fin à l’ancienne pratique consistant à attribuer aux reines de Hongrie d’importants biens pour assurer leur subsistance.
Pendant le siège ottoman de Vienne en 1529, Anne s’enfuit avec ses enfants et sa belle-sœur veuve Marie, par voie fluviale, de Linz à Passau. La situation politique en Hongrie demeura tendue. Lors des négociations qui aboutirent à la paix de Várad en 1538, le parti de Zápolya tenta également de gagner Anne à la cause de la médiation. Elle était très proche de son mari et connue pour sa prudence, mais le conflit politique ne put être résolu durablement par son intervention.
Anne et Ferdinand menèrent, selon l’appréciation de leurs contemporains, une vie familiale particulièrement étroite et exemplaire. Ils eurent quinze enfants, dont treize atteignirent l’âge adulte. Parmi eux figuraient le futur empereur Maximilien II et Ferdinand, qui gouverna plus tard le Tyrol, ainsi que plusieurs filles mariées à des maisons princières européennes et d’autres qui entrèrent dans des couvents. Après la mort de son frère, Anne s’occupa également de son fils naturel Jean et lui apporta, avec Ferdinand, un soutien financier, sans jamais le reconnaître officiellement comme enfant légitime.
En 1532, Anne renonça en faveur de ses fils Maximilien et Ferdinand à ses droits sur les successions hongroise et bohémienne. Elle se réserva toutefois la possibilité de gouverner elle-même la Hongrie et la Bohême si elle survivait à son époux. Cela ne se produisit pas. Après la naissance de son quinzième enfant, Jeanne, Anne mourut de la fièvre puerpérale le 27 janvier 1547 à Prague. Elle fut inhumée dans la cathédrale Saint-Guy. Ferdinand se fit enterrer à ses côtés en 1564. Il porta le deuil de son épouse jusqu’à sa propre mort, laissa pousser sa barbe en signe de chagrin et fit célébrer chaque matin une messe pour elle.
Anne était réputée pieuse, charitable et intelligente. Sa vie fut marquée par les projets de mariages dynastiques, les luttes de pouvoir autour de la couronne de Hongrie et la consolidation de la domination des Habsbourg. Par ses enfants, son union avec Ferdinand devint un fondement important de la succession habsbourgeoise ultérieure en Hongrie et en Bohême.
Source: Jagelló Anna magyar királyné (hu, 29243362). Les faits ont été sélectionnés, résumés et reformulés de manière originale. Contenu source de Wikipédia : CC BY-SA 4.0