Personne
Maria Leopoldine von Österreich
Trouver un lien avec une autre personneNaissance
22.01.1797
Décès
11.12.1826

Détails de l’image
Bernhard von Guérard Porträt Erzherzogin Maria Leopoldine 1816
Bernhard von Guérard
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Source de l’image: File:Bernhard von Guérard Porträt Erzherzogin Maria Leopoldine 1816.jpg · Licence: Public domain
Redimensionnée pour la présentation.
Biographie
Maria Leopoldina d’Autriche naquit le 22 janvier 1797 à la Hofburg de Vienne. Elle était la fille de François, futur empereur d’Autriche François Ier, qui avait d’abord été François II, le dernier empereur du Saint-Empire romain germanique, et de sa seconde épouse, Marie-Thérèse de Naples et de Sicile. Parmi ses frères et sœurs figuraient l’empereur Ferdinand Ier d’Autriche et Marie-Louise, qui épousa Napoléon Bonaparte. Leopoldina appartenait ainsi aux importantes dynasties des Habsbourg-Lorraine et des Bourbon et grandit à une époque marquée par les guerres napoléoniennes et de profonds bouleversements politiques en Europe.
Son éducation était exceptionnellement complète pour une princesse. Elle étudia notamment l’histoire, la géographie, les mathématiques, la littérature, la physique, la musique, les langues et les sciences naturelles. Elle s’intéressait particulièrement à la botanique, à la minéralogie et à la géologie, et commença très tôt à collectionner des pièces de monnaie, des plantes, des fleurs, des minéraux et des coquillages. Elle parlait sept langues : l’allemand, le portugais, le français, l’italien, l’anglais, le grec et le latin. Sa formation reposait sur les idéaux habsbourgeois de discipline, de piété, de charité et de sens du devoir envers l’État.
Après la mort de sa mère en 1807, sa belle-mère Marie-Louise d’Autriche devint une figure essentielle dans sa vie. Leopoldina la considérait comme sa mère spirituelle. Marie-Louise encouragea son intérêt pour la littérature, la nature et la musique, et lui permit de rencontrer le poète Johann Wolfgang von Goethe. Parallèlement, Leopoldina fut préparée à son futur rôle d’épouse politique.
En 1816, son mariage avec Dom Pedro de Alcântara, prince héritier du Royaume-Uni de Portugal, du Brésil et des Algarves, fut arrangé. Cette union constituait avant tout une alliance politique entre l’Autriche et le Portugal. Le mariage par procuration fut célébré le 13 mai 1817 à Vienne. Avant son départ, Leopoldina étudia intensivement l’histoire et la géographie du Brésil et apprit le portugais. Plusieurs scientifiques, artistes et naturalistes partirent pour l’Amérique du Sud avec son entourage, parmi lesquels le botaniste Carl Friedrich Philipp von Martius et le zoologiste Johann Baptist von Spix.
La traversée vers le Brésil dura 86 jours. Leopoldina quitta Livourne en août 1817 et arriva à Rio de Janeiro le 5 novembre. Elle y rencontra pour la première fois son époux et sa famille ; le lendemain, le mariage fut officiellement célébré. La vie à la cour brésilienne lui fut difficile. Les logements étaient exigus, le climat tropical abîmait les vêtements et le mobilier, et Dom Pedro ne correspondait pas aux descriptions qui lui avaient été faites avant le mariage. Il était impulsif, peu instruit et entretenait déjà, à son arrivée, une liaison avec la danseuse française Noémie Thierry.
Malgré ces déceptions personnelles, Leopoldina développa un lien profond avec le Brésil. Son intérêt scientifique contribua à l’exploration systématique du pays par des chercheurs européens. Elle soutint la création d’un musée royal, devenu par la suite le Musée national du Brésil, et encouragea les collections, les illustrations et les études consacrées à la faune et à la flore brésiliennes. Elle se lia également d’amitié avec l’écrivaine Maria Graham, qui fut pendant un temps chargée de l’éducation de sa fille aînée. Leur intérêt commun pour les sciences naturelles les rapprocha durablement.
Sur le plan politique, Leopoldina passa du conservatisme propre à son éducation habsbourgeoise à un soutien résolu à l’autonomie brésilienne. Lorsque la révolution libérale portugaise de 1820 contraignit le roi Jean VI à retourner au Portugal avec sa cour, Dom Pedro resta au Brésil en qualité de régent. Leopoldina comprit rapidement qu’un retour risquait de menacer l’unité territoriale du pays. Elle soutint la cause brésilienne et travailla étroitement avec José Bonifácio de Andrada.
Elle influença fortement Dom Pedro lorsque celui-ci envisageait de quitter le Brésil. Le 9 janvier 1822, il déclara finalement qu’il resterait dans le pays, décision connue sous le nom de « Dia do Fico ». D’après les biographies ultérieures de Leopoldina, elle l’avait déjà soutenue auparavant. En août 1822, alors que Dom Pedro se rendait à São Paulo, il la nomma régente et lui accorda de vastes pouvoirs politiques. Le 2 septembre 1822, en tant que présidente du Conseil d’État, elle participa à la décision de séparer le Brésil du Portugal. Son message à Dom Pedro contribua à ce que celui-ci proclame l’indépendance le 7 septembre.
Le 1er décembre 1822, Leopoldina fut couronnée première impératrice du Brésil. Pendant les absences de son époux, elle continua d’exercer des responsabilités gouvernementales et œuvra à la reconnaissance de la nouvelle monarchie par les cours européennes. Elle encouragea également l’immigration européenne, notamment en provenance des régions germanophones, afin de contribuer à réduire la dépendance à l’égard du travail servile. Plusieurs colonies furent nommées en son honneur.
Leopoldina et Dom Pedro eurent plusieurs enfants. Leur fille aînée, Maria da Glória, naquit en 1819 et monta plus tard sur le trône du Portugal sous le nom de Marie II. Après plusieurs fausses couches et la mort prématurée de leur fils João Carlos, naquirent les filles Januária, Paula et Francisca. Le 2 décembre 1825 vint au monde l’héritier masculin tant attendu, Pedro de Alcântara, le futur empereur Pierre II.
En 1826, après la mort de son père, Dom Pedro hérita brièvement de la couronne portugaise. Leopoldina devint ainsi à la fois impératrice du Brésil et reine du Portugal, mais Dom Pedro abdiqua dès le mois de mai en faveur de leur fille Maria da Glória. À cette époque, la situation personnelle de Leopoldina se détériora fortement. La liaison publique de son mari avec Domitila de Castro, future marquise de Santos, ainsi que l’influence de celle-ci à la cour humilièrent la souveraine. Leopoldina s’isola progressivement et souffrit de dépression.
En novembre 1826, sa santé se dégrada rapidement. De nouveau enceinte, elle aurait souffert d’une grave infection, de saignements, de fièvre, de vomissements et finalement d’une fausse couche. Une rumeur largement répandue affirmait aussi que Dom Pedro l’aurait agressée physiquement lors d’une dispute. Des examens ultérieurs n’ont toutefois révélé aucune fracture osseuse, et la cause exacte de sa mort demeure discutée.
Maria Leopoldina mourut le 11 décembre 1826 au palais de São Cristóvão, à Rio de Janeiro, quelques semaines avant son trentième anniversaire. Sa disparition suscita un immense deuil populaire. De nombreux Brésiliens la vénéraient comme la « mère des Brésiliens », et sa popularité dépassait celle de son époux. Sa mémoire resta associée à l’indépendance du Brésil, à l’exploration scientifique du pays, à l’immigration européenne et aux premiers développements politiques de l’Empire. Les interprétations récentes insistent donc moins sur son image d’épouse humiliée que sur son instruction, son jugement politique et son influence décisive dans la naissance du Brésil indépendant.
Source: Maria Leopoldina of Austria (en, 1371988683). Les faits ont été sélectionnés, résumés et reformulés de manière originale. Contenu source de Wikipédia : CC BY-SA 4.0