Biographie
Hedwige de Saxe naquit le 31 octobre 1445 à Meissen, dernier enfant de l’électeur de Saxe Frédéric II et de son épouse Marguerite. Sa mère était la fille du duc Ernest d’Autriche et la sœur de l’empereur Frédéric III, si bien qu’Hedwige appartenait à une vaste famille princière. Ses frères Albert et Ernest fondèrent plus tard respectivement les lignées albertine et ernestine de la maison de Saxe. Ses sœurs contractèrent elles aussi d’importantes alliances : Anne devint électrice de Brandebourg en 1470, tandis qu’Amélie devint duchesse de Bavière-Landshut.
La carrière religieuse d’Hedwige commença très tôt. En 1457, elle devint chanoinessse de la collégiale impériale de Quedlinbourg. Un an plus tard, alors âgée de douze ans, le chapitre l’élut pour succéder à l’abbesse Anne Ire, décédée en 1458. Le pape Calixte III confirma cette élection, à condition toutefois qu’Hedwige restât jusqu’à l’âge de vingt ans sous la tutelle de son père et d’une dame du chapitre. En 1465, l’empereur Frédéric III lui conféra les régales, c’est-à-dire les droits de gouvernement attachés à sa fonction. Elle put dès lors diriger Quedlinbourg de manière autonome.
Pendant son abbatiat, Hedwige entra progressivement en conflit avec la ville de Quedlinbourg. Celle-ci avait rejoint la Hanse en 1426 et aspirait à obtenir le statut de ville libre d’Empire, afin de se soustraire à l’autorité supérieure de la collégiale impériale. Les premières querelles éclatèrent en 1460 à propos d’arbres abattus par erreur dans la forêt du chapitre. D’autres questions devinrent bientôt litigieuses, notamment l’utilisation des moulins, le droit de battre monnaie, la protection de la population juive et les droits de pêche. Une médiation menée par le père d’Hedwige et le bourgmestre de Halberstadt permit d’abord d’apaiser le conflit.
En 1474, le différend reprit. Il portait principalement cette fois sur les droits de bailliage, détenus par l’évêque de Halberstadt, Gebhard von Hoym. Avec l’appui de ses frères, Hedwige obtint en 1475 que l’empereur Frédéric III confirme ses prétentions sur ces droits. L’évêque protesta auprès du pape, tandis que Quedlinbourg conclut une alliance de protection avec les ducs de Brunswick. Après l’échec d’une échéance fixée pour la médiation, les habitants, soutenus par l’évêque de Halberstadt, préparèrent une intervention militaire. Une troupe d’environ deux cents hommes tenta de chasser Hedwige de force de sa position.
Le 24 juillet 1477, des troupes saxonnes envoyées par les frères d’Hedwige intervinrent. Quatre cents cavaliers et deux cents fantassins s’emparèrent de la ville. Le 9 août 1477, Quedlinbourg se soumit à l’abbesse. La ville dut verser chaque année des réparations et participer aux frais de reconstruction du château. Elle perdit son autonomie politique, dut renverser le Roland, quitter la Hanse ainsi que toutes les alliances de protection, et prêter hommage héréditaire à Hedwige. Sans son consentement, Quedlinbourg ne pouvait plus élire ni conseil municipal ni capitaine de la ville, ni remettre en état ses fortifications. Cette défaite freina durablement le développement urbain ; au cours des siècles suivants, Quedlinbourg resta une petite ville de cultivateurs et d’artisans.
La paix conclue avec l’évêque de Halberstadt accorda en outre à Hedwige le bailliage ainsi que les droits sur Groß-Ditfurt. En 1479, elle transféra ces droits de bailliage à ses frères Albert et Ernest en signe de reconnaissance. Durant les dernières années de son abbatiat, elle dut de nouveau faire face à des prétentions venues de son entourage familial. Son neveu Ernest, archevêque de Magdebourg et administrateur de Halberstadt, tenta de rétablir les droits de protection exercés par ses prédécesseurs. Il réussit à rallier à sa cause le pape Jules II, qui alla jusqu’à menacer Hedwige d’excommunication.
Hedwige était décrite comme stricte et sérieuse, mais aussi comme pieuse et charitable. L’empereur Frédéric III l’admit dans l’ordre de la Cruche. Elle mourut le 13 juin 1511 à Quedlinbourg et fut inhumée dans la collégiale Saint-Servais de la ville. Sa vie fut étroitement liée à l’histoire politique de la collégiale impériale. En tant qu’abbesse, elle affirma l’autorité de Quedlinbourg face à la ville et à ses adversaires régionaux, consolidant ainsi durablement la position de la collégiale.
Source: Hedwig von Sachsen (1445–1511) (de, 266821137). Les faits ont été sélectionnés, résumés et reformulés de manière originale. Contenu source de Wikipédia : CC BY-SA 4.0
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