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Elemér Lónyay
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ElemerLonyay
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Biographie
Elemér Ödön Lónyay naquit le 24 août 1863 dans le château familial de Bodrogolaszi. Il appartenait à la famille noble hongroise Lónyay, qui portait le titre de baron depuis le XVIIe siècle et possédait Bodrogolaszi, dans le comitat de Zemplén, depuis 1808. La famille détenait également d’importantes terres dans le comitat de Bereg. Son père, Ödön Lónyay, était un grand propriétaire foncier, tandis que sa mère, Vilma Pázmándy, était elle aussi issue d’une famille influente. Elemér avait un frère aîné, Gábor, ainsi que deux sœurs, Sarolta et Vilma. Dans les années 1860, la famille fit construire à Bodrogolaszi un château de style romantique, qui devint un centre important de leur vie.
Elemér fréquenta le lycée de Sárospatak. Avec son frère aîné, il étudia ensuite les sciences politiques et le droit à Graz et à Budapest. Alors que Gábor prit plus tard en charge l’administration des domaines familiaux, Elemér choisit une carrière diplomatique. En 1885, il entra au service des affaires étrangères de l’Autriche-Hongrie. Nommé attaché l’année suivante, il exerça d’abord à Bucarest et à Saint-Pétersbourg, puis à Bruxelles. En 1889, il obtint le rang de conseiller d’ambassade et, en 1890, fut nommé chambellan impérial et royal.
En 1892, Lónyay fut promu secrétaire d’ambassade. Il travailla d’abord à l’ambassade austro-hongroise de Saint-Pétersbourg, puis à Paris et, de 1894 à mars 1895, à Londres. Il fut ensuite transféré à Stuttgart. Au cours d’un congé d’un an, il voyagea en Afrique et dans la région méditerranéenne. En 1895, il participa à Saint-Pétersbourg, aux côtés de l’archiduc Louis-Victor, au couronnement du tsar russe Nicolas II. Pour ses services, il reçut notamment l’ordre roumain de la Couronne, la croix de chevalier de l’ordre belge de Léopold et la croix de commandeur de l’ordre italien de la Couronne.
À l’été 1896, Lónyay travaillait à l’ambassade austro-hongroise de Rome. Le 29 novembre de la même année, le roi confirma le titre de comte hongrois d’Elemér et de son frère Gábor ; tous deux furent également nommés membres héréditaires de la Chambre des magnats. En 1897, Elemér reçut encore le titre de conseiller d’ambassade, mais quitta la même année le service diplomatique et se retira largement de la vie publique.
Un tournant décisif dans sa vie fut son mariage avec Stéphanie de Belgique. Celle-ci était une princesse de la maison de Saxe-Cobourg et Gotha et la veuve de l’archiduc héritier austro-hongrois Rodolphe. Rodolphe était mort en 1889 à Mayerling, avec sa maîtresse Mary Vetsera, dans des circonstances encore controversées. Après sa mort, Stéphanie ne porta plus que le titre de princesse héritière douairière et fut tenue à l’écart au sein de la famille impériale. Elle fut en outre la cible d’accusations.
Le 22 mars 1900, Elemér Lónyay et Stéphanie se marièrent dans la chapelle du château de Miramare, près de Trieste. En raison de la différence de rang social, cette union fut considérée comme morganatique. Stéphanie dut donc renoncer à son rang d’archiduchesse d’Autriche et rompit définitivement avec son beau-père, l’empereur d’Autriche, ainsi qu’avec son père, le roi des Belges Léopold II. Le couple s’installa au château Lónyay d’Oroszvár, alors situé dans le royaume de Hongrie. Ils y recevaient fréquemment le nouvel héritier austro-hongrois, l’archiduc François-Ferdinand, et son épouse, Sophie de Hohenberg. Ils continuaient à passer leurs étés au château de Bodrogolaszi.
Par son mariage, Lónyay devint officiellement le beau-père de l’unique fille de Stéphanie issue de son premier mariage, l’archiduchesse Élisabeth-Marie. La jeune fille ne fut toutefois pas autorisée à vivre auprès de sa mère et d’Elemér : sur ordre de son grand-père impérial, elle fut élevée à la cour. Cette séparation pesa sur Élisabeth-Marie. En 1902, elle épousa le prince Otto de Windisch-Grätz, de rang inférieur au sien ; le mariage fut dissous en 1914. Stéphanie, quant à elle, ne pouvait plus avoir d’enfants, étant devenue stérile à la suite d’une infection antérieure.
Pendant la Première Guerre mondiale, le couple fit aménager le château d’Oroszvár pour y soigner des soldats blessés. Le 9 février 1917, le roi Charles IV éleva Elemér Lónyay, jusque-là comte, au rang de prince. Stéphanie porta dès lors le titre de princesse Lónyay. Cette décision conféra également à leur union une position officiellement éminente au sein de la noblesse hongroise.
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, le couple princier dut fuir devant l’avancée de l’Armée rouge soviétique. Elemér et Stéphanie trouvèrent refuge, avec d’autres réfugiés, à l’archi-abbaye bénédictine de Pannonhalma. L’archiabbé Kelemen Krizosztom les y accueillit. Le couple légua ses domaines et ses œuvres d’art à l’abbaye. Stéphanie mourut à Pannonhalma le 23 août 1945. Elemér la suivit le 29 juillet 1946. Bien que Budapest soit parfois indiquée comme son lieu de décès, il mourut lui aussi à Pannonhalma. Tous deux furent inhumés dans la crypte de l’église abbatiale, la basilique Saint-Martin.
Le château de Bodrogolaszi abrite aujourd’hui une maison communautaire de la communauté du Chemin Neuf. Le château d’Oroszvár fut touché après la guerre par les bouleversements politiques de la région. La localité fut rattachée à la Tchécoslovaquie en 1947, et les biens qui s’y trouvaient furent confisqués en vertu d’une loi fondée sur les décrets Beneš. Comme Elemér et Stéphanie étaient déjà morts à cette date, leurs biens avaient en réalité été transférés à l’archi-abbaye de Pannonhalma, héritière légitime. En 2003, l’abbaye engagea une procédure en Slovaquie, État successeur de la Tchécoslovaquie, afin d’obtenir la restitution des biens ecclésiastiques expropriés.
Source: Lónyay Elemér (hu, 28663061). Les faits ont été sélectionnés, résumés et reformulés de manière originale. Contenu source de Wikipédia : CC BY-SA 4.0
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