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Alexander II of Russia photo
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Biographie
Alexandre II Nikolaïevitch naquit le 29 avril 1818 à Moscou, fils aîné du futur tsar Nicolas Ier et de la princesse prussienne Charlotte, qui prit le nom d’Alexandra Fiodorovna après sa conversion à l’orthodoxie. Sa naissance revêtit une grande importance pour la dynastie des Romanov : la succession au trône était alors exclusivement masculine et aucun héritier mâle n’était né depuis deux décennies.
Nicolas Ier aimait son fils, mais l’éleva avec rigueur et discipline. Jusqu’à l’âge de six ans, Alexandre fut principalement confié à sa grand-mère et à l’entourage féminin de la cour. Karl Merder prit ensuite en charge son éducation. Pendant dix ans, Merder veilla notamment à son développement moral. À partir de 1826, Vassili Joukovski devint son principal précepteur. Il élabora un vaste programme d’instruction inspiré des idées pédagogiques de Pestalozzi. Alexandre devait acquérir des connaissances, mais aussi développer son autonomie, son sens des responsabilités et son humanité grâce à l’expérience pratique. Le juriste Mikhaïl Speranski lui inculqua en outre l’idée que le pouvoir autocratique lui-même était soumis à des limites morales et juridiques.
À seize ans, Alexandre fut déclaré majeur et prêta serment au tsar et à la patrie. Nicolas Ier commença alors à l’initier progressivement aux affaires de l’État. Il assista aux séances du Sénat et aux réunions avec les ministres, puis se vit confier des responsabilités de plus en plus concrètes. Il appartint à plusieurs institutions supérieures, présida des comités et assura les affaires courantes du gouvernement lors des voyages de son père. Parallèlement, il se consacra aux questions militaires : il devint général-major, puis adjudant général et commandant des unités de la garde. Il s’intéressa à la formation, au ravitaillement et à l’administration des soldats, et fit preuve de courage personnel lors d’un combat dans le Caucase en 1850.
Son mariage fut d’abord marqué par des difficultés politiques et familiales. Alexandre aimait Olga Kalinovskaïa et envisagea même un temps de renoncer à la succession. Sous la pression de ses parents, il mit fin à cette relation. Au cours d’un voyage en Europe, il rencontra en 1839 à Darmstadt la princesse Marie, âgée de quinze ans. Elle se convertit à l’orthodoxie et prit le nom de Maria Alexandrovna. Ils se marièrent le 16 avril 1841. Alexandre avait également rencontré la reine Victoria de Grande-Bretagne ; ils éprouvèrent des sentiments l’un pour l’autre, mais un mariage était considéré comme impossible en raison de la rivalité politique entre leurs pays. Alexandre et Maria Alexandrovna eurent huit enfants. Leur fils aîné, Nikolaï, mourut en 1865. Sa fiancée Dagmar, devenue Maria Fiodorovna après sa conversion, épousa alors le frère cadet d’Alexandre, qui devint ainsi héritier du trône.
Alexandre monta sur le trône russe le 19 février 1855, après la mort de son père. La Russie était alors engagée dans la guerre de Crimée et fortement éprouvée par les combats, les difficultés financières et son retard militaire. Le siège de Sébastopol s’acheva en septembre 1855 par le retrait russe. Dans le même temps, l’armée russe réussit à prendre la forteresse de Kars dans le Caucase. Craignant une nouvelle extension du conflit, Alexandre accepta au début de 1856 les conditions de paix proposées par l’Autriche. Le traité de Paris confirmait la défaite de la Russie, mais empêchait la destruction de l’Empire. La Russie perdit temporairement ses droits militaires en mer Noire et dut accepter d’autres restrictions.
Cette défaite convainquit Alexandre que de profonds changements étaient nécessaires. Son règne fut surtout marqué par les grandes réformes des années 1860 et 1870. Le 19 février 1861, il signa le manifeste abolissant le servage. Environ 23 millions de paysans obtinrent la liberté personnelle et le droit de disposer de leurs biens. La réforme demeurait toutefois contradictoire : la noblesse conserva en principe ses terres, tandis que les paysans reçurent des lots d’usage qu’ils durent souvent racheter à un prix élevé. Les paiements étalés sur plusieurs décennies pesèrent lourdement sur la population rurale, et beaucoup de paysans jugèrent la réforme insuffisante. Elle transforma néanmoins profondément l’ordre social et économique de la Russie et constitua le principal événement intérieur du XIXe siècle.
D’autres changements suivirent. En 1864 furent créés les zemstvos, des organes élus d’autonomie locale chargés notamment des écoles, de la santé, des routes et de l’aide sociale. Leur composition garantissait cependant une forte influence aux propriétaires fonciers. En 1870, les villes reçurent à leur tour de nouvelles institutions administratives. La réforme de la censure de 1865 facilita la publication de périodiques, même si les éditeurs pouvaient encore être sanctionnés après publication et les journaux interdits. La réforme militaire menée par le ministre de la Guerre Dmitri Milioutine réduisit la durée du service, abolit les châtiments corporels, améliora la formation et divisa l’Empire en districts militaires. En 1874, Alexandre instaura la conscription générale masculine, qui contribua aussi à l’alphabétisation des soldats. L’administration financière et le contrôle de l’État furent également modernisés.
En politique étrangère, Alexandre adopta d’abord une orientation prudente. Après la guerre de Crimée, la Russie chercha à se rapprocher de la France, mais leurs intérêts restèrent divergents. Dans les Balkans, la Russie soutint notamment la Serbie, le Monténégro et d’autres populations chrétiennes de l’Empire ottoman. Elle fournit à la Serbie de l’argent et des armes et contribua au retrait des garnisons ottomanes des forteresses serbes en 1867. Après l’insurrection polonaise de 1863, la Russie se rapprocha progressivement de la Prusse. Alexandre adopta finalement une neutralité favorable à cette dernière, soutenant ainsi indirectement l’unification allemande. Après la guerre franco-prussienne, la Russie profita de la nouvelle situation pour faire abolir en 1871 les restrictions du traité de Paris concernant ses droits en mer Noire.
L’insurrection polonaise de 1863-1864 intensifia les tensions intérieures et extérieures. Les concessions initiales d’Alexandre et le projet de recruter des soldats polonais ne purent empêcher le soulèvement. La Russie le réprima par des mesures militaires et administratives, tout en gagnant le soutien des paysans grâce à des réformes agraires dirigées contre la noblesse polonaise. Ces événements détériorèrent les relations avec la France et la Grande-Bretagne et favorisèrent en Russie la montée de forces patriotiques et répressives.
À la fin de son règne, l’autocratie entra dans une grave crise. Les organisations révolutionnaires, les étudiants, les zemstvos libéraux et les troubles sociaux contestaient l’autorité du gouvernement. Alexandre survécut à six tentatives d’assassinat. Sous l’impulsion du ministre de l’Intérieur Mikhaïl Loris-Melikov, il envisagea en 1881 un programme prévoyant une participation limitée de représentants des zemstvos et des villes à l’élaboration des lois, une décentralisation partielle et d’autres réformes. Le projet ne fut toutefois jamais appliqué.
Parallèlement à son mariage avec Maria Alexandrovna, Alexandre eut plusieurs relations extraconjugales. La plus importante fut celle qu’il entretint avec Catherine Dolgoroukova, dont il eut quatre enfants. Après la mort de l’impératrice en 1880, il épousa secrètement Dolgoroukova et reconnut légalement leurs enfants. Ce mariage dégrada ses relations avec une partie de sa famille, mais Alexandre le considérait comme un devoir personnel.
Le 13 mars 1881, Alexandre II fut assassiné à Saint-Pétersbourg par des membres de l’organisation Narodnaïa Volia. Après qu’une première bombe eut manqué sa voiture, une seconde explosion le blessa grièvement et il mourut peu après au Palais d’Hiver. Son fils Alexandre III lui succéda. Sa mort mit fin à la période des réformes, qui avait profondément transformé la Russie tout en laissant de nombreux conflits sociaux sans solution.
Source: Александар II Николајевич (sr, 31223773). Les faits ont été sélectionnés, résumés et reformulés de manière originale. Contenu source de Wikipédia : CC BY-SA 4.0
Parents
Enfants
- Alexander III.
- Alexandra Alexandrowna von Russland
- Alexei Alexandrowitsch Romanow
- Antoinette Bayer
- Bohdan Michał Ogiński
- Georgi Alexandrowitsch Jurjewski
- Jekaterina Alexandrowna Jurjewskaja
- Jewgeni Iwanowitsch Alexejew
- Joseph Raboxicz
- Marija Alexandrowna Romanowa
- Nikolai Alexandrowitsch Romanow
- Olga Alexandrowna Jurjewskaja
- Pawel Alexandrowitsch Romanow
- Prince Boris Alexandrovich Yuryevsky
- Sergei Alexandrowitsch Romanow
- Wladimir Alexandrowitsch Romanow