Biographie
Clémentine de Belgique naît le 30 juillet 1872 au château de Laeken. Elle est la dernière fille du roi des Belges Léopold II et de son épouse Marie-Henriette. Sa naissance survient trois ans après la mort de son frère Léopold, unique héritier masculin direct. Ses parents espéraient encore avoir un fils, mais Clémentine restera leur dernier enfant. Elle reçoit les prénoms de Clémentine Albertine Marie Léopoldine : le premier rend hommage à sa marraine et grand-tante, Clémentine d’Orléans, et le deuxième à son parrain, l’archiduc Albert d’Autriche-Teschen.
L’enfance de Clémentine est marquée par la froideur familiale et la solitude. Sa mère se montre distante envers elle et lui donne, en raison de sa grande taille, le peu flatteur surnom de « Reuske », tandis que Clémentine est beaucoup plus proche de son père. Après les mariages de ses sœurs aînées, Louise et Stéphanie, elle demeure le seul enfant du couple royal à rester en Belgique. Elle grandit surtout parmi des adultes, sous la surveillance de sa gouvernante Omérine Drancourt, au château de Laeken. Elle reçoit des cours de français, d’allemand, de musique, d’histoire et de littérature. Elle s’intéresse particulièrement à l’histoire et à la littérature, tout en bénéficiant d’une solide formation musicale.
Un événement dramatique survient lors de l’incendie du château de Laeken, le 1er janvier 1890. Alors que Clémentine joue du piano, un feu se déclare. Sa gouvernante ne parvient pas à s’échapper et meurt dans les flammes. Clémentine assiste impuissante à l’intervention des pompiers, qui découvrent ensuite le corps de la victime. Durant sa jeunesse, elle développe également une grande passion pour les chevaux, l’équitation et l’attelage. Elle assiste aux manifestations hippiques, s’occupe de ses chevaux et profite de la relative liberté que son père lui accorde.
À l’adolescence, Clémentine s’éprend de son cousin, le prince Baudouin, considéré comme un possible héritier du trône. Il ne partage cependant pas ses sentiments et meurt en 1891, à l’âge de 21 ans, d’une pneumonie. Clémentine surmonte cette épreuve grâce à sa foi profonde. Par la suite, elle assume de plus en plus de fonctions représentatives aux côtés de son père et devient de fait la première dame de la cour belge. Léopold II favorise son indépendance et lui attribue le château du Belvédère, situé dans le domaine de Laeken. Elle entretient également une relation étroite, probablement platonique, avec le baron Auguste Goffinet, un proche de son père.
Clémentine refuse plusieurs projets de mariage. En 1896, Léopold II lui propose d’épouser le prince héritier Rupprecht de Bavière, mais elle répond que le prétendant lui plaît peu et que l’inconnu lui fait peur. Une union avec le duc Ulrich de Wurtemberg n’aboutit pas davantage. Sa situation familiale reste tendue. Ses sœurs Louise et Stéphanie se brouillent progressivement avec les souverains belges en raison de leurs mariages et de leurs difficultés personnelles. Clémentine reste néanmoins attachée à Stéphanie, même lorsque son père tente de limiter leurs contacts.
Vers 1902, Clémentine commence à s’intéresser au prince Victor Napoléon Bonaparte, chef de la maison impériale française. Installé à Bruxelles, Victor est un descendant de Napoléon Ier et, par sa mère, apparenté à la famille royale italienne. Clémentine et Victor souhaitent se marier, mais Léopold II refuse son consentement. Il craint qu’une union avec le prétendant bonapartiste ne compromette les relations de la Belgique avec la République française. Clémentine s’oppose à plusieurs reprises à la volonté de son père, mais doit attendre plusieurs années. Ce n’est qu’après la mort de Léopold, en décembre 1909, et avec l’accord du nouveau roi Albert Ier, que le mariage devient possible.
Le 14 novembre 1910, Clémentine et Victor Napoléon se marient au château de Moncalieri, près de Turin. Après leur union, ils vivent avenue Louise, à Bruxelles. Le couple a deux enfants : Marie-Clotilde, née en 1912, et Louis Napoléon, né en 1914. La même année, Clémentine et son époux acquièrent le château de Ronchinne, dans la province de Namur. Victor fait transformer le bâtiment, tandis que Clémentine s’occupe des écuries, du jardin, d’une ferme modèle et d’une chapelle.
La Première Guerre mondiale interrompt cette existence. En 1914, la famille se réfugie en Grande-Bretagne, où elle est accueillie par l’ancienne impératrice Eugénie à Farnborough Hill. Clémentine s’engage en faveur des nombreux réfugiés belges. Elle soutient des associations patriotiques, des œuvres destinées aux soldats belges et aux invalides de guerre, ainsi que la Croix-Rouge. Avec la reine Élisabeth de Belgique, elle participe activement aux actions humanitaires. Après l’armistice, la famille rentre en Belgique en 1919 et se consacre à Ronchinne à de nombreuses œuvres de bienfaisance.
Clémentine soutient également l’activité politique de son mari. Elle finance en partie le mouvement bonapartiste et encourage Victor à reprendre une place plus active dans la politique française. Après la guerre, Victor s’éloigne toutefois progressivement de l’idée d’une restauration monarchique et se rapproche des conceptions républicaines. Après sa mort, en mai 1926, Clémentine assume jusqu’à la majorité de leur fils Louis, en 1935, la direction symbolique des bonapartistes. Elle ne parvient cependant pas à empêcher le déclin politique du mouvement.
Veuve à 53 ans, Clémentine veille sur ses deux enfants encore adolescents et doit en même temps faire face à d’importantes difficultés financières. Farnborough Hill est vendu, tandis qu’elle s’efforce de redresser le domaine de Ronchinne, qui a été mal administré. En Belgique, elle reste accueillie lors des cérémonies officielles et entretient des relations étroites avec la famille royale. Elle est particulièrement proche de la princesse Astrid. Elle souffre aussi de divers problèmes de santé, notamment de troubles rénaux, d’arthrite et de maladies respiratoires récurrentes.
À partir de 1937, Clémentine séjourne plus souvent en France et en Italie. Sa fille Marie-Clotilde épouse en 1938 le comte Serge de Witt, une union que Clémentine désapprouve d’abord. Le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale la surprend à Ronchinne. Après l’invasion allemande de la Belgique, elle ne peut plus regagner son pays natal et reste en France. Son fils Louis s’engage d’abord dans la Légion étrangère, puis rejoint la Résistance, ce dont Clémentine est particulièrement fière.
Après 1945, elle vit principalement en France, surtout en Savoie et sur la Côte d’Azur. La crise politique qui secoue la Belgique l’attriste et elle passe les dernières années de sa vie dans une relative solitude. En 1952, elle reçoit la Légion d’honneur à l’occasion de son 80e anniversaire. Clémentine meurt le 8 mars 1955 à Nice, à l’âge de 82 ans, des suites d’une maladie cardiaque. Trois mois plus tard, conformément à ses dernières volontés, elle est inhumée avec son époux dans la chapelle impériale d’Ajaccio.
Source: Clémentine de Belgique (fr, 234960907). Les faits ont été sélectionnés, résumés et reformulés de manière originale. Contenu source de Wikipédia : CC BY-SA 4.0